La chose que je préférais dans ce café était l'odeur! Elle était forte et imposante. Elle créait un désir plus fort que le sexe. L'odeur était omnipotente, attirant inconsciemment les passants qui n'avaient eu au départ nulle intention d'y entrer. L'odeur était comme ce feu qui attire les papillons de nuit, incapables de résister à leurs pulsions primaires.
L'odeur était omniprésente et prolongée. Latté, noisette, ou vanille, le parfum s'imposait. Il parfumait l'haleine, les doigts, imprègnait vos vêtements. Et, naturellement, dans le café, tout s'imbibait de cette odeur: les tables, les chaises, les menus, la nourriture. Et c'est pourquoi j'aime tant cette boisson.
Une tasse de café était tout ce que j'avais toujours voulu être. Je voulais sa puissance, son attrait, sa nature exigeante et sa capacité de laisser une impression et de ne pas être oublié. Parfois, j'aurais presque pu me sentir en concurrence avec lui. Tout en respectant sa puissance, j'aurais voulu triompher de lui. J'aurais voulu que l'on me désire, m'apprécie et qu'on se rappelle de moi (et de ma musique)- plus que du café.


Et c'était ce à quoi je pensais, en écoutant le fredonnement et le sifflement des machines qui font la crème. La porte lourde grinçait quand on l'ouvrait. Les tables étaient éraillées et s'identifiaient par leurs défauts, juste comme les panneaux colorés crème au plafond.

(Mike Lautenschlager-Mirabile. dit Fabio Agnone (Satan)

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