En attendant mon café, je regardais autour de moi, machinalement. Par terre. entre la banquette et la table, je vis un petit carnet noir. Je l'ouvris. Il appartenait à un certain Albert Caillou. Mon attention fut immédiatement saisie.... Cet homme habitait dans l'immeuble du crime.

Il y avait toutes sortes de notes et la photo de madame Bignole, concierge de l'immeuble! Quelle allure! L'enquête s'annonçait bien. Je me suis toujours demandé quel besoin poussait les gens à écrire leurs impressions.

<<Comme tant de personnes si suspectes, et si incertaines,ont emménagé dans ce bâtiment, et qu’on y avait quelques problèmes avec le courrier la semaine dernière, je me demande vraiment ce qui se passe dans l’Avenue Vincent van Gogh. Après une partie de boules j’ai parlé à quelques-uns de mes amis de l’armée, et ceux-ci m’ont encouragé à observer les actions autour de l’immeuble pendant une demi-heure. Equipé des bons conseils de mes amis et d’une lunette d’approche j’ai commencé mon travail un vendredi soir à six heures …

Il n’y avait pas beaucoup de personnes dans le café au rez-de-chaussée, mais déjà assez pour faire un bruit assez dérangeant. Le soir tombant et l’air faisant déjà assez froid, je m’étais assis sur un banc vis-à-vis de l’immeuble avec ma lunette d’approche, un peu de café et une couverture. Comme l’immeuble se trouve dans une zone piétonne, il n’y avait pas de voitures, mais des piétons qui retournaient de leur travail, faisaient leurs courses dans les magasins voisins ou se promenaient simplement.

Après cinq minutes d’attente j’ai tout à coup vu l’ombre d’une personne dans l’appartement numéro 32 à la fenêtre. Je pense que c’était celle de Mme Frederikson, et il m' a semblé qu’elle était en train de boire une bouteille entière de vin. J’ai déjà entendu dire qu’elle avait des problèmes avec l’alcool, mais je ne savais pas que c’était si grave, … Tout à coup – Mme Frederikson n’avait pas encore fini la bouteille – j’ai entendu un bruit horrible qui (j’en suis sûr) avait sa source dans l’appartement 13.
Ces Satans et quelques demoiselles ! Je m’en suis irrité, je savais que ces personnes causeraient des problèmes !
Quelques minutes plus tard – au bruit de l’appartement 13 s’étaient ajoutées les voix criantes de quelques enfants qui avaient commencé à jouer au foot devant l’immeuble – le propriétaire est rentré dans celui-ci. Je ne sais pas quel est son travail, mais il a dit bonjour au patron du café, a pris une bière et a commencé à lire le journal.
Lire le journal le soir c’est un peu étrange, mais peut-être que son travail dure du matin au soir et il n’a pas le temps de le lire le matin. Peut-être que c’est aussi pourquoi il n’a pas encore eu le temps de s’occuper des Satans du 13ème ni d’écarter le chat de Mme Apollinaire. Celle-ci a tout à coup apparu dans le café, elle a dit quelques mots au propriétaire et les deux se sont assez bien amusés.
J’espère pour eux qu’ils n’ont pas parlé de moi, sinon …
Après leur conversation si amusante ils se sont rendus dans leurs appartements, ce que j’ai pu voir à cause des lampes qui se sont allumées. Dans le café il y avait à ce moment déjà beaucoup de personnes et beaucoup plus de bruit et le patron avait crié aux footballeurs de jouer dans le parc voisin, mais ils ne s’en étaient pas occupés. Tout à coup
un des joueurs a marqué un but extraordinaire. La balle a mis en pièces quelques verres, assiettes et le repas de Mme
Lavipère qui, enflammée en colère, a crié aux garçons ce qu’elle pensait de leurs activités sportives. Elle avait
vraiment raison. Le garçon du café n’avait pas encore réussi à calmer Mme Lavipère quand Serge Harfoui est
retourné de son travail dans le port. Il a commencé à parler à la dame mais tout à coup quelqu'un a allumé la lumière dans mon appartement ! Mais les petits-enfants étaient toujours à l’école ! Des voleurs, des criminels,dans l’immeuble ? Bien sûr ! Le propriétaire ne s’occupepas de la sécurité du bâtiment, je vais m’adresser à lui !
J’ai pris mon revolver (que je garde toujours dans ma veste) et j’ai couru aussi vite que possible (ma jambe !!!)
dans l’immeuble pour arrêter ce criminel…

Quand je suis entré dans l’appartement, revolver au poing, Ludovic m’a regardé comme un fou. Ce n’était personne
d’autre que lui qui avait fait de la lumière. Fâché à cause de ma faute, je me suis décidé à finir mon observation de
l’immeuble et j’ai fait apporter la lunette, mon café et la couverture, que j’avais oubliés à Ludovic. Un peu plus
tard j’ai téléphone à Jacques Schlitsseur, un ami à moi depuis la guerre d’Algérie, qui m’avait offert de s’occuper
de l’observation de l’immeuble et des locataires avec quelques amis. A l’avenir il va faire ce travail, qui est
absolument nécessaire depuis que ces nouveaux locataires causent des problèmes, et il va m’envoyer des rapports assez
détaillés. >>

( Michael Steinlein/ A. Caillou)

C'est extraordinaire. Ce type armé se prenait pour un détective. Il me fallait absolument ces rapports, parler à Albert Caillou et à à Jacques Schlitsseur. S'ils surveillaient ainsi les allées et venues des locataires au moment du crime, il est probable qu'ils aient vu l'assassin.

Je bus mon café rapidement et me dirigeai dans l'immeuble, veers la loge de l'incontournable Madame Bignole.

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