| Quel immeuble! Plein d'oiseaux rares, comme cette Boudreau..
Jai rencontré Mlle. Boudreau à la cuisine de son appartement. Bien que tous les locataires savaient bien tous que jallais faire le tour de limmeuble, interrogeant tout le monde en faisant du porte-à-porte, elle est venue de sa chambre portant seulement une robe de chambre soyeuse et des pantoufles à talons hauts. Elle ma offert du thé avec un air d'obligation peu disposé, mais quand j'ai refuséjavais déjà bu trois tasses en interrogeant Mme. Buñuel et puis les Boudou, jai dû en souffrir les conséquenceselle ma jeté un coup d'oeil froid. Son regard me disait quelle, étant une femme d'une beauté extraordinaire, était accoutumée à ce que les hommes lui cèdent tout, toujours. En fait, il me semble quelle prenait offense de cette entrevue. Elle a ajusté le col de sa robe de chambre et repondait à mes questions avec un ou deux mots, changeant continuellement ses yeux de sa tasse, à ses ongles, à la fenetre, au telephone monté sur le mur. Mais son irritation a augmenté quand je lui ai demandé quel était le rapport entre elle-même et la victime du meurtre, Madame Doinel. |
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| <<Nom de dieu! What right do you have? What right? The whole thing is disgusting!>> et ainsi de suite. Je travaille en tant qu'inspecteur depuis plusieurs années, et donc je vois beaucoup des situations improbables, mais le spectacle incongru dune femme, demie-nue, qui repondait à une question routinière en me maudissant dans une langue étrangère; cétait nouveau pour moi (eh bien, peut-être seulement sa nudité). ´What the hell are you looking at?ª Mon choc a dû être plus évident que je ne l'aurais voulu. Après avoir repris mon calme habituel et avoir dûment pris note de sa réponse dans mon bloc-notes, jai fermé le petit livre avec un bruit sec. Si elle avait été fàchée il y a un moment, elle était furieuse maintenantpeut-être parce quelle avait perdu son sang froid, parce quelle avait fait une revelation involontaire? ´Eh bien, Mme. Boudreau, je crois que mes affaires avec vous sont finies aujourdhui.ª Je suis entré dans la grande chambre, où Mme. Buñuel et les Boudou étaient assis, parlant tranquillement. Sans doute, ils avaient tout entendu. ´Je vous remercie pour votre coopération. Il se pourrait que je doive vous interroger à nouveauª--jai entendu dans le corridor le bruit claquant des pantoufles de Mlle. Boudreau et jai complete ma phrase à voix haute--´donc le préfet de police vous demande de rester à Marseille pour les trois ou quatre jours qui viennent.ª Ses grognements me dirent quelle mavait bien entendu. Sortant du no. 10, faisant des moulinets avec mon chapeau sur mon doigt, jai decidé que cette Solange Boudreau était sûrement quelquun à surveiller. (Jillian Hinchliffe) |
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