Je fis arrêter Yazid le lendemain. J'avais fait une descente fructueuse : 1 kilo de marijuana sous emballages de feuilles de thé. Yazid est arrivé au commissariat menottes aux poings, totalement catastrophé.

L'affaire fut bouclée rapidement. Il se mit à table, comme je l'avais espéré. Il confirma les dires du petit Lavipère, mais, dit-il, il n'avait jamais vraiment menacé Star. Il avait menacé son mari, par contre. Mais celui-là tentait le diable.

Il continua et m'expliqua qu'Antoine jouait aux courses et perdait gros, que son salaire n'y suffisait pas et qu'il avait emprunté à droite et à gauche. Il ne payait pas son loyer non plus. Yazid ne lui prêtait plus rien.

Yazid était persuadé que Star avait été butée par erreur, ou par hasard. Il jurait de son innocence...

Il m'en fallait plus. Je lui demandai s'il connaissait Jean-Pierre Lautrec. Il nia mais je vis qu'il mentait à ses yeux fuyants.

Je lui dis qu'il allait rester en cabane jusqu'à ce que la mémoire lui revienne. Il m'apprit alors que Lautrec était le boy de Lejeune, que Lejeune lui fournissait la drogue, qu'il appartenait à la pieuvre et qu'il avait forcé Doinel à faire des transactions pour lui. Doinel avait vendu à son compte 2 kilos d'héroine pure et il s'était dépêché de tout perdre au tiercé.

Lejeune n'avait pas apprécié. Il avait demandé à Lautrec de coincer Star et de lui faire peur. Mais, parait-il, Star avait sorti un couteau, et Lautrec l'avait tuée, bêtement...

Il était allé chercher Yazid pour qu'il l'aide à jeter le corps à la mer, mais ils n'avaient pas pu le faire à cause de ce diable de Caillou qui rôdait.

Je laissai Yazid partir. Il avait acheté sa liberté assez chèrement et je lui laissai Meaux, comme garde du corps.

Lautrec passa aux aveux rapidement et Lejeune, eh bien, Lejeune s'était volatilisé. Aucune traces de lui.

Les locataires de l'immeuble disent encore aujourd'hui qu'il doit vivre quelque part en Amérique latine et qu'il cherche encore à expulser des locataires...

La fin