En passant devant chez la Bignole, je suis tombé sur Monsieur Caillou. Je voulais le voir depuis un bail. Il s'est montré charmant. On est allés prendre un pot au Petit Marseillais. Je lui ai remis son carnet. Il m'a expliqué qu'il devait tout noter pour ses romans, une habitude qu'il avait prise pendant l'Algérie. Il a vite commencé à médire. Cet homme est un véritable magasin d'informations. Il aurait dû se faire espion. Il connaissait Star, une femme de mauvais genre qu'il avait vu traficoter avec Yazid. Drogues, sans doute!

Il s'arrêta de parler, fasciné par l'arrivée de deux jeunes lycénnes en jupe courte. Il commença à se plaindre des mauvaises moeurs des jeunes, des filles se promenant à demi-nues, sans les quitter des yeux. Finalement, il reprit le fil de la conversation.

Son mari ne valait pas mieux, un vicieux qui jouait aux course et perdait sec. Monsieur Caillou l'avait entendu se disputer avec le cafetier qui lui avait prêté de l'argent et qu'il ne rendait pas.

Un jour, il l'avait vu monter dans une grande voiture noires,,aux vitres fermées.

Cela ne pouvait être qu'une voiture de la Pieuvre! Mafiosi! Ce Doinel ne valait pas un pet de lapin! Une vraie tronche d'assassin! Cet immeuble n'était qu'un ramassis de SDF en puissance! Il n'y avait, disait-il que Madame Bignole d'honnête dans ce taudis...

Il parlait sans s'arrêter et il me donnait le tournis. Je décidai de rentrer au bureau. Il resta au café, sans doute pour se remettre à lorgner les lycéennes. Quel homme!

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