Angèle Auteuil ( Sarah)
Les miroirs ronds couleur café, qui regardaient le visage doux et ivoire de Angèle Auteuil, débordaient des pensées laiteuses et épaisses qui remuaient sans cesse dans sa tête.

Son visage semblait rayonner au-dessous de sa chevelure noire, qui était deux fois plus foncée que l'obscurité d'un minuit en hiver. Mais il était aussi doux que les plumes que l'on trouve sous l'aile d'un petit oiseau.
Ses cheveux flottaient comme sa démarche, rêveuse et sans-à-coups, silencieuse, si ce n'est pour les légers tintements de ses bracelets d'argent resplendissants .

Elle était chic, mais sans excès. Quand elle parlait, sa voix était aussi douce que les ombres bleues et violettes projetées par les objets en une fin d' après-midi
d''été. Son essence entière était comme les lignes en aigre-doux d'un poème de Charles Baudelaire, et son attitude lui aurait ressemblé, s'il n'y avait tant de choses dans sa vie qu'elle aimait et qui l'empêchaient d'être aussi stoïque que lui.